Si l’effondrement est inévitable, pourquoi est-il important de le voir venir tôt ?
Par Adrian LAMBERT
Traduction (IA)
Mon essai précédent explorait pourquoi certaines personnes perçoivent l’effondrement plus tôt que d’autres. Celui-ci pose une autre question : si l’effondrement ne peut pas être évité, à quoi sert réellement une prise de conscience précoce ?
Plutôt que de considérer cette perception anticipée comme une capacité de prédiction, un signal d’alerte ou une tentative avortée de sauver la civilisation, cet essai l’aborde sous un angle évolutif et systémique — comme une manière de préserver la variabilité des réponses humaines à mesure que la stabilité cède la place aux contraintes.
Il s’appuie sur la neurodivergence, la diversité cognitive et les dynamiques historiques de l’adaptation, non pour affirmer que certain·es seraient « meilleurs », mais pour comprendre pourquoi certaines formes de perception perdurent, même lorsqu’elles sont coûteuses et peu reconnues.
L’essai est librement accessible et partageable. S’il résonne pour vous, n’hésitez pas à le transmettre, à commenter ou à vous abonner pour suivre les prochains travaux, à mesure que ce fil se prolonge.
Texte original (Anglais)
My previous essay explored why some people see collapse earlier than others. This essay asks the question; if collapse can’t be prevented, what is early awareness actually for?
Rather than treating early seeing as prediction, warning, or a failed attempt to save civilisation, this essay looks at it through an evolutionary and systems lens - as a way of preserving variance in how humans respond as stability gives way to constraint.
It draws on neurodivergence, cognitive diversity, and historical patterns of adaptation, not to argue that anyone is “better”, but to understand why certain forms of perception persist even when they’re costly and unrewarded.
The essay is free to read and share. If it resonates, feel free to pass it on, comment, or subscribe to follow future work as this thread continues.
Chapitre 1 : La lucidité n’est pas le but
L’effondrement de la civilisation industrielle mondiale n’est pas une hypothèse que l’on peut invalider par l’optimisme, la foi dans l’intelligence humaine ou l’innovation technologique.¹
L’effondrement est une trajectoire façonnée par l’énergie, l’écologie et la thermodynamique. Lorsqu’une civilisation dépasse ses limites biophysiques — comme la nôtre l’a fait il y a plus de cinquante ans — l’issue ne fait aucun doute ; seules restent ouvertes la temporalité, la forme et l’expérience de la descente.²³
Chapter 1: Seeing Clearly Is Not the Point
The collapse of global industrial civilisation is not a hypothesis that can be denied through optimism, faith in human intelligence, or technological innovation.¹
Collapse is a trajectory shaped by energy, ecology, and thermodynamics. Once a civilisation overshoots its biophysical limits, as ours did over 50 years ago, the outcome is not in question; only the timing, shape, and experience of the descent.²³
En acceptant que l’effondrement de la civilisation industrielle est inévitable, la prise de conscience précoce ne fonctionne pas comme on pourrait l’imaginer. La lucidité n’arrête pas l’effondrement. Elle ne constitue pas non plus un avertissement efficace pour des institutions structurellement incapables de répondre. Et elle modifie rarement le comportement de sociétés organisées autour de la croissance, de la dette et du déni.⁴
Alors, à quoi sert le fait d'anticiper ?
Une grande partie du discours public assimile la conscience précoce de l’effondrement à une forme de prédiction — un rôle de Cassandre. L’idée serait que certaines personnes perçoivent le danger plus tôt, tirent la sonnette d’alarme, et soient tragiquement ignorées. Mais ce cadrage glisse une hypothèse erronée : celle selon laquelle l’effondrement serait évitable si les bonnes personnes acceptaient simplement d’écouter à temps.
Cette hypothèse ne résiste pas au réel. Les civilisations ne s’effondrent pas parce que les individus qui les composent manquaient d’informations. Elles s’effondrent parce que leur logique interne exige une expansion continue, alors même que les conditions ayant rendu cette expansion possible disparaissent.
Toutes les civilisations ayant jamais existé se sont effondrées ou ont disparu, parce que c’est ce que font les systèmes contraints par la thermodynamique lorsqu’ils atteignent la phase de relâchement du cycle adaptatif.⁵⁶
Accepting that the collapse of industrial civilisation is inevitable, early awareness does not function the way people might assume it does. Awareness does not stop collapse. It does not meaningfully warn institutions that are structurally incapable of responding. Awareness rarely alters the behaviour of societies organised around growth, debt, and denial.⁴
So what, exactly, is the point of seeing early?
Much of the public discourse treats early collapse awareness as a form of prediction; a Cassandra role. The idea is that some people see the danger sooner, raise the alarm, and are tragically ignored. But this framing sneaks in a false assumption: that collapse is preventable if only the right people listen in time.
That assumption doesn’t survive contact with reality. Civilisations do not collapse because the people within them lacked information. They collapse because their internal logic demands continued expansion even as the conditions that supported that expansion disappear.
Every civilisation that has ever existed collapsed or disappeared, because that is what thermodynamically constrained systems do when they reach the release phase of the adaptive cycle.⁵⁶
La prise de conscience ne neutralise pas les incitations à maintenir le « business as usual ». Les preuves ne dissolvent ni le pouvoir ni les inégalités. Les alertes ne reprogramment pas des systèmes fondés sur le déni.⁷
Les signaux précoces sont souvent activement rejetés, car ils menacent les arrangements de pouvoir existants et les structures de légitimité. Au Royaume-Uni, des militants environnementaux peuvent désormais être emprisonnés simplement pour avoir évoqué la possibilité de protester.
Les institutions — les gouvernements, par exemple — ne sont pas des processeurs neutres de l’information ; ce sont des mécanismes de stabilisation. Les analyses qui impliquent contraction, limites ou pertes sont structurellement incommodantes, et celles et ceux qui les portent ont davantage de chances d’être marginalisés que d’être écoutés.
Dès lors, si la clairvoyance à elle seule ne peut changer l’issue, la prise de conscience précoce doit nécessairement remplir une autre fonction, ce qui pose la question suivante :
Pourquoi certaines personnes perçoivent-elles malgré tout l’arrivée de l’effondrement ?
À quoi sert cette capacité si elle ne peut pas « sauver » la civilisation ?
La conscience de l’effondrement émerge lorsque certains esprits détectent la convergence des motifs plus tôt que d’autres. La question devient alors la suivante : pourquoi, dans toute civilisation en cours d’effondrement, une minorité de personnes semble capable de percevoir la formation du schéma bien avant qu’il ne devienne indéniable — même lorsque cette perception n’apporte aucune récompense sociale, comporte un coût personnel important et ne change en rien la trajectoire descendante de la civilisation.⁸
Si l’effondrement est inévitable, alors voir venir tôt doit servir à autre chose qu’à tenter de l’empêcher.
Cet essai explore ce que pourrait être ce « quelque chose ».
Chapitre 2 : Le coût de la clairvoyance
Les recherches empiriques sur la perception du risque et l’effondrement des systèmes suggèrent que la reconnaissance précoce d’une menace systémique comporte des coûts sociaux et psychologiques. Les individus qui identifient des risques environnementaux ou civilisationnels à grande échelle avant qu’un consensus ne se forme sont plus susceptibles de subir une marginalisation sociale, des formes de disqualification et des atteintes à leur réputation, en particulier lorsque leurs analyses contredisent les récits économiques ou politiques dominants (Kahan et al., 2012 ; Norgaard, 2011).⁹
Comme je l’expose dans Why Some People See Collapse Earlier than Others, des éléments de preuve émergents suggèrent que la détection précoce des risques systémiques est structurée par des différences cognitives, les personnes neurodivergentes étant plus susceptibles de repérer des signaux convergents, des rétroactions différées et des incohérences entre domaines avant qu’ils ne soient reconnus socialement.¹⁰
La conscience précoce de l’effondrement engendre fréquemment un décalage entre perception et validation sociale. Elle implique également une forme de deuil qui survient en avance, avant d’être socialement reconnu ou autorisé, et qui est donc porté dans l’isolement, sans langage partagé ni rituel.
En l’absence de reconnaissance institutionnelle, ces perceptions sont souvent interprétées par autrui comme du pessimisme, une peur irrationnelle ou un extrémisme idéologique, plutôt que comme une évaluation du risque. Cette dynamique peut alimenter l’aliénation et décourager l’intégration ultérieure de ces éclairages dans les processus de décision collective (Stoknes, 2015).¹¹
Une issue fréquente de ce processus est ce que l’on désigne familièrement comme la position « doomer » : une conclusion figée d’inéluctabilité, souvent dépourvue de réponse adaptative correspondante (alias WASF).
Les recherches sur l’éco-anxiété montrent que, lorsque la perception de la menace n’est pas associée à un sentiment d’agentivité, à une production de sens ou à un soutien social, les individus sont plus enclins à la paralysie, au désengagement ou au nihilisme qu’à une action soutenue (Clayton et al., 2017 ; Pihkala, 2020).¹²
Cela suggère que la difficulté principale ne réside pas dans la perception précoce elle-même, mais dans le fait que cette perception survient en l’absence de cadres d’orientation capables de traduire la prise de conscience en pratiques concrètes. Lorsque la cognition devance la capacité de réponse culturelle, les individus se retrouvent seuls à porter un savoir du risque non intégré, ce qui accroît la probabilité du retrait ou de la fixation plutôt que d’une mobilisation adaptative.¹³
Pour de nombreuses personnes, l’absence de réponse adaptative constitue une conclusion rationnelle. Si l’effondrement est compris comme biophysiquement inévitable, alors les tentatives visant à « sauver » la civilisation paraissent mal orientées. Dans cette perspective, le retrait ou la résignation ont un certain sens.
Cependant, cela confond deux questions distinctes : 1) celle de savoir si la civilisation industrielle peut être sauvée, et 2) celle de savoir si les humains peuvent s’adapter à sa contraction. Les réponses adaptatives, dans ce contexte, ne visent ni à sauver la civilisation ni à éviter l’effondrement. Elles s’orientent vers la résilience, la continuité et la préservation des fonctions et de la vie (de toute vie) dans des conditions de déclin.¹⁴
Comprendre pourquoi certains individus dépassent la simple reconnaissance de l’inéluctabilité pour s’engager dans des comportements adaptatifs nécessite d’examiner la fonction évolutive de la variation cognitive elle-même.
Chapitre 3 : La neurodivergence comme caractéristique évolutive, et non comme un défaut
Si les traits neurodivergents étaient purement dysfonctionnels, ils ne persisteraient pas.
Il est important de souligner qu’il ne s’agit pas seulement d’un argument historique. La pression de sélection n’est pas figée dans le passé : elle s’exerce en temps réel. La civilisation industrielle en phase tardive exerce déjà une pression de sélection négative sur les formes de cognition sensibles aux limites à l’intérieur des institutions, tout en favorisant simultanément ces mêmes traits en dehors de celles-ci.
L’épuisement, l’exclusion et le retrait ne sont pas des preuves de dysfonctionnement, mais des signaux d’un paysage adaptatif en mutation. Ce qui ne s’ajuste pas au système dominant peut néanmoins être parfaitement adapté aux conditions qui émergent au-delà de lui.
L’autisme, le TDAH et d’autres styles cognitifs atypiques sont hautement héréditaires, stables à travers les cultures et présents tout au long de l’histoire humaine. Les grandes études de population et les études sur les jumeaux estiment l’héritabilité entre environ 60 et 90 %, les analyses récentes à l’échelle des populations la situant autour de 80 %.²⁴
Du point de vue évolutif, ce seul constat appelle une explication. La sélection naturelle est implacable envers les traits qui ne confèrent absolument aucun avantage.
Alors pourquoi ces esprits sont-ils encore là ?
Une réponse tient au fait que la survie humaine n’a jamais reposé sur un seul type d’intelligence. Notre espèce n’a pas évolué pour l’harmonie ou l’intégration sociale. Le monde a toujours été un environnement dangereux pour les humains, et nous avons donc évolué pour faire face à l’incertitude.
Les recherches anthropologiques et évolutionnaires désignent de plus en plus la diversité cognitive comme une adaptation au niveau du groupe. Des esprits différents prêtent attention à des signaux différents. La plupart se spécialisent dans la cohésion sociale et l’accordage émotionnel. D’autres dans la détection de motifs, la construction de systèmes, la planification à long terme ou la cohérence des règles. La valeur de cette diversité n’est pas répartie de manière uniforme selon les circonstances ; elle devient visible en situation de stress.¹⁶
L’ouvrage NeuroTribes de Steve Silberman a requalifié l’autisme comme une variation humaine ancienne que la société industrielle peine à accueillir. Les travaux de Temple Grandin montrent de manière comparable que la cognition autistique excelle souvent dans des domaines exigeant précision, raisonnement visuel et pensée systémique — des traits historiquement essentiels à la fabrication d’outils, à la gestion animale et à l’analyse des environnements.¹⁷
D’un point de vue évolutif, cela est cohérent. Les groupes composés d’un mélange de styles cognitifs étaient probablement plus résilients que ceux constitués uniquement de généralistes socialement à l’aise (les humains neurotypiques). Lorsque les conditions étaient stables, la conformité et la cohésion primaient. Lorsque les conditions changeaient (variations climatiques, raréfaction des ressources, pressions migratoires), les individus capables de repérer des anomalies, de remettre en question les évidences ou de se focaliser sur les structures profondes jouaient un rôle décisif.
Les travaux de Scott Page sur la diversité cognitive le démontrent mathématiquement : les groupes aux modes de pensée variés surpassent systématiquement les groupes homogènes face à des problèmes complexes et incertains. Non parce que chaque individu serait « meilleur », mais parce que la différence elle-même est adaptative.¹⁸
Cela reconfigure entièrement la neurodivergence. Il ne s’agit pas d’une erreur dans le code, mais d’une variation maintenue parce qu’en période d’instabilité, elle importe davantage que la cohésion sociale.
L’ouvrage Range de David Epstein prolonge cette analyse. Dans les environnements où les règles sont claires et les retours immédiats, les spécialistes prospèrent. Dans ceux où les conditions évoluent rapidement et où les règles se désagrègent, les penseurs fondés sur la reconnaissance de motifs et l’interdisciplinarité prennent l’avantage. L’effondrement — écologique, énergétique et institutionnel — constitue précisément un tel environnement.¹⁹
En ce sens, les esprits neurodivergents sont inadaptés à la civilisation bureaucratique de fin de cycle. Ils sont en revanche optimisés pour détecter le moment où les systèmes cessent d’avoir du sens et où la complexité commence à se décomposer.
Cela explique aussi pourquoi les institutions modernes peinent autant à composer avec la neurodivergence. Les écoles, les lieux de travail et les cultures professionnelles valorisent la conformité, l’organisation fondée sur le temps et la performance sociale. Elles sont conçues pour l’efficacité dans des systèmes stables. Les traits qui servaient autrefois d’alerte précoce génèrent aujourd’hui des frictions avec la culture dominante.
Mais l’évolution n’optimise pas pour la stabilité. Elle optimise pour la survie de l’espèce à travers les cycles.²⁰
Chapitre 4 : L’effondrement comme changement de contexte
La civilisation industrielle peut être comprise comme une bulle de stabilité prolongée.
Pendant plusieurs siècles, un fort surplus énergétique, une augmentation continue des flux matériels et la continuité institutionnelle ont permis aux systèmes sociaux, économiques et politiques d’absorber les chocs sans reconfiguration fondamentale. Dans ce contexte, certains traits cognitifs et comportementaux sont systématiquement valorisés : l’accordage social, l’adhésion aux normes, le maintien du consensus et l’optimisation à court et moyen terme.
Durant les périodes prolongées de stabilité, les traits neurotypiques optimisent la cohésion. La sensibilité aux signaux sociaux, la confiance dans la continuité institutionnelle et la préférence pour des changements incrémentaux soutiennent la coordination à grande échelle. Ces traits sont centraux au fonctionnement des sociétés complexes en conditions stables. Ils réduisent les frictions internes et maintiennent des récits partagés permettant aux systèmes de persister et de s’étendre.
À l’inverse, les traits neurodivergents s’inscrivent souvent difficilement dans de tels environnements. Une sensibilité moindre au consensus social, une attention accrue à la cohérence interne et une faible tolérance aux contradictions non résolues sont peu valorisées lorsque les systèmes fonctionnent dans les paramètres attendus. En contexte stable, ces traits peuvent apparaître inadaptés, perturbateurs ou socialement dysfonctionnels.
L’effondrement civilisationnel inverse cette relation.
À mesure que les limites écologiques, énergétiques et matérielles s’imposent, l’espace des problèmes se déplace de la logique de croissance vers celle de la gestion des contraintes. Les questions pertinentes deviennent alors : comment détecter les conditions de seuil, reconnaître les modes de défaillance et adapter les comportements dans un contexte de déclin irréversible.
Dans de tels contextes, les traits associés à la neurodivergence — reconnaissance de motifs à l’échelle des systèmes, moindre dépendance à la validation sociale et capacité à suivre les implications jusqu’à des conclusions inconfortables — deviennent fonctionnellement pertinents.
Cela n’implique ni une inversion simple des valeurs ni un remplacement d’un style cognitif par un autre. La cohésion demeure globalement nécessaire. Mais l’équilibre adaptatif se modifie, et les systèmes entrant en contraction requièrent à la fois des fonctions de maintien et de détection en périphérie. Historiquement, les groupes humains ayant traversé avec succès des phases de stress environnemental l’ont fait en intégrant une diversité de rôles cognitifs, y compris ceux orientés vers la détection précoce des risques.
L’effondrement constitue un changement de contexte qui modifie les formes de cognition visibles, tolérées et utiles. Comprendre ce basculement éclaire à la fois pourquoi certaines personnes vivent la reconnaissance précoce comme aliénante, et pourquoi les mêmes traits peuvent devenir de plus en plus saillants à mesure que les conditions se dégradent.
Autrement dit, le caractère adaptatif d’un trait dépend du contexte.
Les implications de ce changement concernent la manière dont la perception se traduit en réponse. Alors, à quoi sert réellement la détection précoce une fois l’effondrement accepté ?
Chapitre 5: De la Prédiction à la Préparation
La reconnaissance précoce des risques systémiques est souvent interprétée à tort comme une capacité prédictive — l’aptitude à anticiper l’effondrement avant les autres. Ce cadrage est trompeur. Dans les systèmes complexes, la prédiction perd largement de sa valeur une fois que les conditions de seuil ou les points de bascule sont franchis. Le basculement pertinent consiste à passer de l’abstraction à la préparation.
Les données historiques et anthropologiques suggèrent que les individus ayant perçu tôt des formes d’instabilité écologique ou sociale n’ont que rarement occupé le rôle de prophètes au sens moderne, mais ont exercé des fonctions concrètes. Ils sont devenus bâtisseurs de structures parallèles, dépositaires de compétences en voie de disparition institutionnelle, et organisateurs de systèmes locaux capables de fonctionner dans des conditions dégradées. Leur action était orientée vers la continuité.
Ce schéma apparaît de manière récurrente dans les périodes de contraction. À mesure que les systèmes centralisés perdent en fiabilité, les réponses adaptatives se déplacent vers des échelles plus basses : production domestique, approvisionnement local, réseaux informels et transmission de compétences en dehors des institutions formelles. La reconnaissance précoce de l’instabilité permet d’entrer plus tôt dans ce processus. Elle crée du temps pour expérimenter, échouer, ajuster et ancrer des pratiques avant que la nécessité ne supprime toute marge de choix.
Un exemple classique est le retrait de l’autorité romaine de Bretagne à la fin du IVᵉ et au début du Vᵉ siècle. L’effondrement ne fut pas soudain : la circulation monétaire déclina, l’entretien des routes cessa, la solde militaire devint irrégulière et l’approvisionnement central échoua des décennies avant la disparition formelle de l’administration impériale. Ceux qui attendirent une restauration — le retour de Rome, la réaffirmation de la légitimité — se retrouvèrent vulnérables.²¹
Ceux qui s’adaptèrent plus tôt se tournèrent vers la production locale, la réutilisation des matériaux, la réactivation de savoir-faire et une réorganisation fondée sur la parenté et la terre plutôt que sur la logistique impériale. L’archéologie montre une continuité de la vie à des échelles plus réduites bien après la disparition des systèmes impériaux. Ce qui importait n’était pas de prédire la fin de Rome, mais de se désengager suffisamment tôt de sa logique d’approvisionnement afin de construire des alternatives.²²
Les réponses contemporaines telles que la permaculture, les réseaux d’entraide, les cultures de la réparation ou le partage communautaire des compétences doivent être comprises dans cette perspective. Il s’agit de réponses post-prédictives : des adaptations pratiques une fois la trajectoire reconnue et acceptée. Leur valeur réside dans la résilience sous contrainte.
En ce sens, la conscience précoce ne consiste pas à voir l’avenir plus clairement. Elle consiste à sortir du cadre prédictif pour réorienter l’attention vers ce qui demeure viable à mesure que les systèmes perdent leur cohérence.
Chapitre 6 : Pourquoi certaines personnes ne peuvent pas rester dans le système
Une observation récurrente au sein des communautés conscientes de l’effondrement est que de nombreuses personnes qui identifient précocement le déclin systémique peinent à rester fonctionnelles dans les structures d’emploi conventionnelles. Cela est souvent interprété comme un échec personnel, un manque de résilience ou une fragilité psychologique. Les éléments disponibles suggèrent le contraire.
Les systèmes institutionnels en phase tardive accordent de plus en plus de priorité à une conformité performative plutôt qu’à une contribution fonctionnelle — paraître actif sans réellement produire de résultats. La perception précoce est structurellement incompatible avec la logique de croissance ; elle résiste à la suppression des contradictions nécessaire au maintien de systèmes à fort débit lorsque leur cohérence interne commence à se dégrader.
Le travail se recentre alors sur le maintien des apparences, des récits et de la continuité procédurale (réunions, indicateurs, présentations et rapports) plutôt que sur la production de résultats alignés avec la réalité matérielle. Pour les personnes dont la cognition privilégie la cohérence interne, l’intégrité des systèmes et l’alignement factuel, cette situation génère une pression croissante.
Les traits neurodivergents accentuent ce décalage. Là où la cognition neurotypique tend à optimiser la cohésion sociale et la tenue des rôles, la cognition neurodivergente tolère moins durablement la contradiction entre les finalités affichées et le fonctionnement observé. À mesure que la légitimité institutionnelle se délite de l’intérieur, l’effort requis pour masquer cette dissonance augmente fortement.
Le masquage est une pratique apprise propre aux personnes neurodivergentes, consistant à réprimer ou à modifier ses manières naturelles de penser, de communiquer et d’agir afin de satisfaire aux attentes sociales, professionnelles ou institutionnelles, souvent au prix d’un coût cognitif et émotionnel important.²³
Le masquage peut être soutenu plus facilement lorsque le système qu’il contribue à maintenir est perçu comme globalement légitime. À mesure que cette légitimité s’érode, le masquage devient de plus en plus une forme de désaffiliation de soi. Le travail se transforme en performance dénuée de sens, et la poursuite de la participation entraîne un coût psychologique sans valeur compensatoire.
Cette tension se comprend mieux comme une blessure morale plutôt que comme une fragilité psychologique. La participation prolongée à des systèmes qui violent le sentiment de vérité, de cohérence ou de finalité d’un individu produit des dommages — en particulier pour des esprits moins protégés par la rationalisation sociale. Lorsque le travail exige de maintenir des récits en contradiction avec la réalité observée, la détresse naît d’une fidélité au réel.
Une grande partie des dispositifs contemporains de soutien aux personnes autistes vise l’adaptation au sein des systèmes existants : amélioration de l’employabilité, réduction des frictions sociales et augmentation de la tolérance aux normes institutionnelles de fin de cycle. Cette orientation présuppose la légitimité et la pérennité de ces systèmes.
Le rôle que je décris ici est d’une nature fondamentalement différente ; il ne vise pas à optimiser les personnes autistes pour leur participation à une civilisation déjà engagée dans un déclin structurel. Il reconnaît que certains profils cognitifs sont mal adaptés au maintien de systèmes à fort débit en perte de légitimité, précisément parce qu’ils sont plus sensibles aux conditions de seuil, aux contradictions et aux défaillances.
Je ne prétends pas que les personnes neurodivergentes soient mieux adaptées à l’effondrement, mais que la variabilité cognitive préserve une diversité de réponses lorsque la logique fondée sur le débit s’effondre.
Le soutien, dans ce contexte, ne consiste pas à mieux faire entrer des esprits neurodivergents dans un ordre en dégradation, mais à leur permettre de se désengager plus tôt et de réorienter leur énergie vers des formes de continuité qui demeurent viables à mesure que la complexité se contracte.
Autrement dit, le problème n’est pas que certains esprits ne parviennent pas à s’ajuster au système ; c’est que le système entre dans une phase où s’y ajuster n’a, tout simplement, plus de sens.
Chapitre 7 : Le sens de la clairvoyance
La prise de conscience précoce est fréquemment interprétée à tort comme une tentative de mise en garde des autres. Cette supposition conduit à une frustration prévisible : résistance, disqualification et frictions sociales.
Voir venir tôt modifie la manière dont nous pouvons allouer notre énergie. Cela transforme les horizons temporels et les choix d’investissement, et influe sur les engagements sociaux. Cela reconfigure les relations au travail et à la terre, et modifie la façon dont les obligations sont comprises. Plus important encore, cela permet de se désengager de systèmes qui extraient de l’énergie tout en offrant une valeur future de plus en plus faible.
Ces réallocations ne s’opèrent pas vers le haut au sens conventionnel, mais latéralement. Une multitude de petits actes de désengagement et de réorientation modifient les possibles futurs sans coordination ni visibilité. La continuité est produite par d’innombrables décisions concernant les lieux où l’énergie cesse d’être investie.
La perception précoce ne vise ni l’optimisation des résultats ni l’octroi d’un avantage, mais la préservation de la variabilité des réponses humaines à mesure que les systèmes se déstabilisent, en maintenant ouvertes plusieurs voies lorsque la maximisation du débit devient elle-même un handicap.
Les ressources sont finies. L’attention, le travail et le soin consacrés au maintien de structures déclinantes ne sont plus disponibles pour construire ce qui pourrait persister plus longtemps sous contrainte.
La reconnaissance précoce permet que ce basculement s’effectue de manière progressive plutôt que réactive. Elle offre le temps de réduire les dépendances, de simplifier les agencements et de développer des compétences alternatives avant que les perturbations ne les imposent brutalement.
Il est plausible que la diversité cognitive accroisse la résilience des populations à travers les cycles d’effondrement, et que les traits neurodivergents persistent parce qu’ils élargissent l’éventail des réponses viables dans des conditions changeantes.
C’est ici que réside la valeur du fait de voir venir tôt : dans les réponses adaptatives anticipées.
Chapitre 8 : Une autre mesure de l’utilité
La société industrielle mesure l’utilité à l’aune de la productivité, de l’influence et de la croissance. Ces indicateurs supposent des intrants stables, un accroissement continu des flux et des horizons de planification étendus. En contexte de contraction, ils perdent leur pertinence et laissent place à un autre ensemble de critères.
Des sols enrichis plutôt qu’extraits. Des compétences partagées plutôt que certifiées. Des enfants soutenus plutôt qu’évalués. De petits systèmes capables de tenir sous contrainte. Ces résultats ne se déploient pas aisément à grande échelle et demeurent souvent invisibles dans les comptabilités institutionnelles. Ils n’en sont pas moins essentiels.
Les traits neurodivergents trouvent un alignement plus net dans ces domaines. L’attention au détail, la pensée systémique, la reconnaissance de motifs sur le long terme et la résistance aux signaux sociaux au détriment du fond deviennent des atouts plutôt que des handicaps.
Il est possible que les traits neurodivergents persistent parce qu’ils élargissent le champ adaptatif de l’espèce à travers les cycles d’effondrement. En ce sens, la variation est préservée non pour empêcher l’effondrement, mais pour y survivre de manière inégale.
L’utilité, dans ce cadre, est de nature écologique plutôt qu’économique. Elle concerne la contribution à la continuité sous contrainte, et non la croissance dans une logique expansionniste.
Dans cette perspective, les tentatives visant à « guérir » l’autisme s’accordent difficilement avec la logique évolutive comme avec le réalisme propre à la pensée de l’effondrement. Si la cognition neurodivergente persiste parce qu’elle confère une valeur adaptative dans des conditions d’incertitude, d’instabilité et de transition systémique, alors considérer l’autisme comme une pathologie à éradiquer relève davantage d’un biais civilisationnel que d’une compréhension à l’échelle de l’espèce.
Les approches orientées vers la guérison présupposent un environnement social stable auquel tous les esprits devraient être ajustés de manière optimale ; elles postulent que le problème principal réside dans l’individu plutôt que dans le décalage entre la variation cognitive et les exigences d’un système de fin de cycle à fort débit.
Du point de vue évolutif, éliminer des formes de cognition sensibles aux limites, capables de détecter des motifs et résistantes au consensus reviendrait à rétrécir le spectre adaptatif de l’espèce précisément au moment où la diversité de perception et de réponse est la plus nécessaire.
En ce sens, les récits de la « guérison » ne sont pas seulement des projets médicaux, mais l’expression d’un engagement culturel en faveur de la préservation d’un mode particulier d’organisation sociale — un mode dont les fondations écologiques et énergétiques s’érodent déjà, alors même que son langage de permanence persiste.
Dans ce cadre, la neurodivergence n’est pas quelque chose à corriger au nom de « l’intégration » ou de la continuité de la civilisation, mais une forme de variation dont la valeur devient la plus visible précisément lorsque cette civilisation entre en déclin et en effondrement.
Chapitre 9 : Fixation autistique, dépassement des limites et retour vers le généralisme
La cognition autistique est souvent décrite, en partie, à travers les notions de fixation ou d’obsession. Ce cadrage est trompeur : ce qui est ainsi désigné n’est pas un intérêt compulsif, mais une attention soutenue orientée vers la résolution de l’incohérence. Les esprits autistiques tendent à rester avec un problème jusqu’à ce que sa logique interne se referme. Tant que les explications demeurent partielles ou contradictoires, l’attention se détache difficilement.
Awareness does not override incentives to keep BAU going. Evidence does not dissolve power and inequality. Warning does not rewire systems built on denial.⁷
Early signals are often actively resisted because they threaten existing power arrangements and legitimacy structures. Environmental activists in the UK can be imprisoned now, just for discussing the possibility of protesting.
Institutions, like governments for example, are not neutral processors of information; they are stabilising mechanisms. Insights that imply contraction, limits, or loss are structurally inconvenient, and those who carry them are more likely to be marginalised than heeded.
So, if foresight alone cannot change the outcome, then early awareness must serve some other function, raising the question;
Why do some people see collapse coming anyway?
What purpose does that capacity serve if it cannot ‘save’ civilisation?
Collapse awareness emerges when certain minds register pattern convergence earlier than others. So, the question becomes; why, in every collapsing civilisation, a minority of people appear able to see the pattern forming long before it becomes undeniable; even when doing so offers no social reward, has considerable personal cost, and makes no difference to the civilisation’s downward trajectory anyway.⁸
If collapse is inevitable, then seeing early must be doing something other than trying to stop it.
This essay explores what that “something” might be.
Chapter 2: The Cost of Early Seeing
Empirical research on risk perception and systems collapse suggests that early recognition of systemic threat carries social and psychological costs. Individuals who identify large-scale environmental or civilisational risk ahead of consensus are more likely to experience social marginalisation, dismissal, and reputational damage, particularly when their assessments contradict dominant economic or political narratives (Kahan et al., 2012; Norgaard, 2011).⁹
As I discuss in Why Some People See Collapse Earlier than Others, emerging evidence suggests that early detection of systemic risk is patterned by differences in cognition, with neurodivergent individuals more likely to register converging signals, delayed feedback, and cross-domain inconsistencies before they are socially acknowledged.¹⁰
Early collapse awareness frequently produces a mismatch between perception and social validation. It also involves a form of grief that arrives early, before it is socially recognised or permitted, and is therefore carried in isolation, without shared language or ritual.
Without institutional endorsement, such perceptions are often framed by others as pessimism, irrational fear, or ideological extremism rather than as an assessment of risk. This dynamic can contribute to alienation and discourages further integration of insight into shared decision-making (Stoknes, 2015).¹¹
A common endpoint of this process is what is colloquially referred to as the ‘doomer’ position: a static conclusion of inevitability, often without corresponding adaptive response (aka, WASF).
Research on climate anxiety indicates that when threat perception is not paired with agency, meaning-making, or social support, individuals are more likely to experience paralysis, disengagement, or nihilism rather than sustained action (Clayton et al., 2017; Pihkala, 2020).¹²
This suggests that the primary difficulty is not early perception itself, but perception occurring in the absence of orientation frameworks capable of translating awareness into practice. Where cognition outpaces cultural response capacity, individuals are left carrying unintegrated risk knowledge alone, increasing the likelihood of withdrawal or fixation rather than adaptive mobilisation.¹³
For many people, the absence of adaptive response is a rational conclusion. If collapse is understood as biophysically inevitable, then attempts to ‘save’ civilisation appear misplaced. From this position, withdrawal or resignation makes sense.
However, this conflates two distinct questions: 1) whether industrial civilisation can be saved, and 2) whether humans can adapt to its contraction. Adaptive responses in this context are not oriented toward saving civilisation or avoidance of collapse. They are oriented toward resilience, continuity, and the preservation of function and life (all life) under declining conditions.¹⁴
Understanding why some individuals move beyond recognition of inevitability toward adaptive behaviour requires examination of the evolutionary purpose of cognitive variation itself.
Chapter 3: Neurodivergence as an Evolutionary Feature, Not a Bug
If neurodivergent traits were purely dysfunctional, they would not persist.
Importantly, this is not only a historical argument. Selection pressure is not frozen in the past, but acting in real time. Late-stage industrial civilisation is already exerting negative selection pressure on boundary-sensitive cognition within institutions, while simultaneously favouring those same traits outside them.
Burnout, exclusion, and withdrawal are not evidence of dysfunction, but signals of a changing adaptive landscape. That which doesn’t fit the dominant system may still be well-suited to the conditions emerging beyond it.
Autism, ADHD, and other atypical cognitive styles are highly heritable, stable across cultures, and present throughout human history. Large population and twin studies estimate heritability in the range of approximately 60–90%, with recent population-scale analyses placing it around 80%.²⁴
From an evolutionary perspective, that alone demands explanation. Natural selection is ruthless with traits that confer no advantage at all.
So, why are these minds still here?
One answer is that human survival has never depended on a single kind of intelligence. Our species did not evolve for harmony or social integration. The world has always been a dangerous place for humans, and so we evolved for uncertainty.
Anthropological and evolutionary research increasingly points to cognitive diversity as a group-level adaptation. Different minds attend to different signals. Most specialise in social cohesion and emotional attunement. Others in pattern detection, system building, long-range planning, or rule consistency. The value of this diversity is not evenly distributed across circumstances, but becomes visible under stress.¹⁶
Steve Silberman’s NeuroTribes reframed autism as a long-standing human variant that industrial society struggles to accommodate. Temple Grandin’s work similarly shows how autistic cognition often excels in domains requiring precision, visual reasoning, and systems thinking; traits that were historically vital in toolmaking, animal management, and environmental analysis.¹⁷
From an evolutionary standpoint, this makes sense. Groups that contained a mix of cognitive styles would have been more resilient than groups composed entirely of socially fluent generalists (neurotypical humans). When conditions were stable, conformity and cohesion mattered most. When conditions shifted (climate changes, resource depletion, migration pressure) the individuals who noticed anomalies, questioned assumptions, or fixated on underlying patterns found an important role.
Scott Page’s work on cognitive diversity demonstrates this mathematically; groups with varied ways of thinking consistently outperform homogeneous groups on complex, uncertain problems. Not because every individual is ‘better’, but because difference itself is adaptive.¹⁸
This reframes neurodivergence entirely. It is not a mistake in the code, but a variation maintained because in unstable times it matters more than social cohesion.
David Epstein’s Range builds on this. In environments where rules are clear and feedback is immediate, specialists thrive. In environments where conditions change rapidly and rules break down, pattern-based and multidisciplinary thinkers gain an advantage. Collapse (ecological, energetic, and institutional) is precisely such an environment.¹⁹
Seen this way, neurodivergent minds are maladaptive for late-stage bureaucratic civilisation. They are optimised for detecting when systems stop making sense and complexity begins to break down.
This also explains why modern institutions struggle so badly with neurodivergence. Schools, workplaces, and professional cultures reward compliance, time-based organisation, and social performance. They are designed for efficiency in stable systems. Traits that once provided early warning cause friction in the dominant culture.
But evolution does not optimise for stability. It optimises for species survival across cycles.²⁰
Chapter 4: Collapse as a Context Shift
Industrial civilisation can be understood as an extended stability bubble.
For several centuries, high energy surplus, expanding material throughput, and institutional continuity have allowed social, economic, and political systems to absorb stress without fundamental reconfiguration. Within this context, certain cognitive and behavioural traits are reliably rewarded: social attunement, norm adherence, consensus maintenance, and short-to-medium-term optimisation.
During prolonged periods of stability, neurotypical traits optimise for cohesion. Sensitivity to social cues, trust in institutional continuity, and preference for incremental change all support coordination at scale. These traits are central to the functioning of complex societies under stable conditions. They reduce internal friction, and maintain shared narratives that allow systems to persist and expand.
Neurodivergent traits, by contrast, often sit uncomfortably within such environments. Reduced sensitivity to social consensus, heightened attention to internal consistency, and low tolerance for unresolved contradiction are less rewarded when systems are functioning within expected parameters. In stable contexts, these traits can appear maladaptive, disruptive, or socially dysfunctional.
Civilisational collapse flips this relationship.
As ecological, energetic, and material limits assert themselves, the problem space transitions from growth to constraint navigation. The relevant queries become how to detect boundary conditions, recognise failure modes, and adapt behaviour under irreversible decline.
In such contexts, traits associated with neurodivergence (system-level pattern recognition, reduced reliance on social validation, and willingness to follow implications to uncomfortable conclusions) become functionally relevant.
This does not imply a reversal of value, nor a simple inversion where one cognitive style replaces another. Cohesion broadly remains necessary. But the adaptive balance changes, and systems entering contraction require both maintenance and edge sensing. Historically, human groups that navigated environmental stress successfully did so by integrating diverse cognitive roles, including those oriented toward early detection of risk.
Collapse is a context shift that alters which forms of cognition are legible, tolerated, and useful. Understanding this shift clarifies why certain individuals experience early recognition as alienating, and why the same traits may become increasingly salient as conditions deteriorate.
Put another way, trait adaptiveness is context dependant.
The implications of this shift concern how perception is translated into response. So, what is early sensing actually for once collapse is accepted?
Chapter 5: From Prediction to Preparation
Early recognition of systemic risk is often misinterpreted as predictive capacity: the ability to foresee collapse before others do. This framing is misleading. Prediction, in complex systems, has limited value once boundary conditions/tipping points are crossed. The relevant shift is moving from abstraction to preparation.
Historical and anthropological evidence suggests that individuals who recognised ecological or social instability early rarely functioned as prophets in the modern sense, but had practical roles. They became builders of parallel structures, custodians of skills that were losing institutional support, and organisers of local systems capable of functioning under degraded conditions. Their activity was oriented toward continuity.
This pattern appears repeatedly in periods of contraction. As centralised systems lose reliability, adaptive responses migrate downward: toward household production, local provisioning, informal networks, and skill transmission outside formal institutions. Early recognition of instability allows earlier engagement in this process. It creates time to experiment, fail, adjust, and embed practices before necessity removes choice.
A familiar example is the withdrawal of Roman authority from Britain in the late fourth and early fifth centuries. The collapse was not sudden; coin circulation declined, road maintenance ceased, military pay became erratic, and central provisioning failed decades before imperial administration formally ended. Those who waited for restoration (for Rome to return, for legitimacy to be reasserted) were left exposed.²¹
Those who adapted earlier shifted toward local production, reused materials, re-embedded skills, and reorganised around kinship and land rather than imperial logistics. Archaeology shows continuity of life at smaller scales long after imperial systems vanished. What mattered was not predicting the end of Rome, but disengaging from its provisioning logic early enough to build alternatives. ²²
Contemporary responses such as permaculture, mutual aid networks, repair cultures, and community skill-sharing should be understood in this context. They are post-predictive responses: practical adaptations once the trajectory is recognised and accepted. Their value lies in resilience under constraint.
Seen this way, early awareness is not about seeing the future more clearly. It is about exiting the predictive frame altogether and reallocating attention toward what remains viable as systems lose coherence.
Chapter 6: Why Some People Can’t Stay in the System
A recurring observation within collapse-aware communities is that many individuals who recognise systemic decline early struggle to remain functional within conventional employment structures. This is often framed as personal failure, poor resilience, or psychological fragility. The evidence suggests otherwise.
Late-stage institutional systems increasingly prioritise performative compliance over functional contribution – appearing busy but achieving nothing. Early perception is structurally incompatible with growth logic; it resists the suppression of contradiction required to maintain high-throughput systems once their internal coherence begins to fail.
Work becomes oriented toward maintaining appearances, narratives, and procedural continuity (meetings, metrics, slide sets and reports) rather than delivering outcomes aligned with material reality. For individuals whose cognition prioritises internal consistency, system integrity, and factual alignment, this creates escalating pressure. .
Neurodivergent traits amplify this mismatch. Where neurotypical cognition often optimises for social cohesion and role performance, neurodivergent cognition is less tolerant of sustained contradiction between stated purpose and observed function. As institutional legitimacy erodes internally, the effort required to mask this dissonance increases sharply.
Masking is the learned neurodivergent practice of suppressing or modifying one’s natural ways of thinking, communicating, and behaving in order to meet social, professional, or institutional expectations, often at significant cognitive and emotional cost.²³
Masking can more easily be sustained when the system being upheld is perceived as broadly legitimate. As perceived legitimacy erodes, masking increasingly becomes a form of self-estrangement. Work turns into performance without meaning, and continued participation carries psychological cost without compensating value.
This strain is better understood as moral injury rather than psychological fragility. Sustained participation in systems that violate one’s sense of truth, coherence, or purpose produces harm, particularly for minds less buffered by social rationalisation. When work requires maintaining narratives that contradict observed reality, distress arises from fidelity to reality.
Much of the contemporary support framework for autistic people is oriented toward accommodation within existing systems: improving employability, reducing social friction, and increasing tolerance for late-stage institutional norms. That orientation assumes the legitimacy and durability of those systems.
The role I describe here is fundamentally different; it does not aim to optimise autistic individuals for participation in a civilisation already in structural decline. It recognises that some cognitive profiles are poorly suited to sustaining high-throughput, legitimacy-eroding systems precisely because they are better attuned to boundary conditions, contradiction, and failure.
I am not claiming that neurodivergent people are better adapted to collapse, but that cognitive variance preserves response diversity when throughput-driven logic fails.
Support, in this context, is not about better fitting neurodivergent minds into a deteriorating order, but about allowing those minds to disengage earlier and redirect effort toward forms of continuity that remain viable as complexity contracts.
In other words, the problem is not that some minds fail to fit the system; it is that the system is entering a phase where fitting it no longer makes sense at all.
Chapter 7: The Point of Seeing Early
Early awareness is frequently misunderstood as an attempt to warn others. This assumption leads to predictable frustration: resistance, dismissal, and social friction.
Seeing early alters how we can allocate our energy. It changes time horizons and investment decisions, and impacts social commitments. It reshapes relationships to land and work, and alters how obligation is understood. Most importantly, it allows disengagement from systems that extract energy while offering diminishing future value.
These reallocations do not scale upward in the conventional sense, but they do scale sideways. Many small acts of disengagement and reorientation alter future possibility without coordination or visibility. Continuity is produced by countless decisions about where energy is no longer spent.
Early perception does not function to optimise outcomes or confer advantage, but to preserve variance in how humans respond as systems destabilise, keeping multiple pathways open when throughput maximisation itself becomes a liability.
Resources are finite. Attention, labour, and care spent sustaining declining structures are unavailable for building what may persist longer under constraint.
Early recognition allows this shift to occur gradually rather than reactively. It provides time to step down dependency, simplify arrangements, and develop alternative competencies before disruption imposes them abruptly.
It’s plausible that cognitive diversity increases population resilience across collapse cycles, and neurodivergent traits persist because they expand the range of viable responses under changing conditions.
The value of early seeing lies here: in early adaptive responses.
Chapter 8: A Different Measure of Usefulness
Industrial society measures usefulness through productivity, influence, and growth. These metrics assume stable inputs, expanding throughput, and long planning horizons. Under conditions of contraction, they lose relevance and a different set of measures come into play.
Soil built rather than extracted. Skills shared rather than credentialed. Children supported rather than tested. Small systems that persist under stress. These outcomes do not scale cleanly and are often invisible to institutional accounting. They matter anyway.
Neurodivergent traits find clearer alignment within these domains. Attention to detail, systems thinking, long-term pattern recognition, and resistance to social signalling over substance become assets rather than liabilities.
It is possible that neurodivergent traits persist because they widen the species’ adaptive range across collapse cycles. In that sense, variation is preserved not to prevent collapse, but to survive it unevenly.
Usefulness, in this frame, is ecological (rather than economic). It concerns contribution to continuity under pressure, not growth within expansionary logic.
Within this framework, attempts to ‘cure’ autism sit uneasily with both evolutionary logic and collapse-aware realism. If neurodivergent cognition persists because it confers adaptive value under conditions of uncertainty, instability, and systemic transition, then treating autism as a pathology to be eliminated reflects a civilisation-specific bias rather than a species-level insight.
Cure-oriented framings assume a stable social environment to which all minds should be optimally fitted; they presuppose that the primary problem lies in the individual rather than in the mismatch between cognitive variation and the demands of a late-stage, high-throughput system.
From an evolutionary perspective, eliminating boundary-sensitive, pattern-detecting, and consensus-resistant cognition would amount to narrowing the species’ adaptive range precisely at a moment when diversity of perception and response is most needed.
In this sense, cure narratives are not just medical projects but expressions of a cultural commitment to preserving a particular mode of social organisation - one already losing its ecological and energetic foundations, even as its language of permanence persists.
Within this framework, neurodivergence is not something to be corrected for the sake of ‘fitting in’, or civilisation’s continuity, but a form of variation whose value becomes most visible as that civilisation enters decline and collapse.
Chapter 9: Autistic Fixation, Overshoot, and the Turn Toward Generalism
Autistic cognition is, in part, described in terms of fixation or obsession. This framing is misleading, and what is being labelled is not compulsive interest but sustained attention directed toward resolving inconsistency. Autistic minds tend to remain with a problem until its internal logic closes. Where explanations remain partial or contradictory, attention will not easily disengage.
Overshoot functions as a powerful attractor in this context. It provides a unifying explanation that resolves multiple domains simultaneously: energy, ecology, economics, culture, health, and governance. Once overshoot is recognised, many previously disparate failures align into a single systemic pattern.
As complexity contracts, feedback shortens and truth becomes locally actionable again: claims meet reality directly, consequences are harder to defer, and coherence is tested through action rather than stories.
Early engagement with collapse often begins as autistic specialism. Individuals go deep into energy descent, climate dynamics, thermodynamics, or systems theory. This is how understanding stabilises. But collapse cannot be fully grasped within any single discipline. Overshoot is inherently cross-discipline, and as the model grows, depth alone becomes insufficient.
This shift can appear counterintuitive; from specialism toward generalism. Not the narrative-driven generalism of managerial culture, but integrative generalism built from deep models. Domains are not sampled casually, but are pulled together because the problem demands it. Collapse forces synthesis.
Life-positive responses like permaculture emerge naturally from this process. It is adopted as a system that closes loops under constraint. Inputs and outputs are visible. Feedback is immediate. Claims are testable. Failure is legible. For collapse-aware autistic cognition, this is an embodied response that matches how the mind already works.
In the context of overshoot and collapse, what appears externally as obsession is better understood as orientation. What appears as a shift away from autistic traits is, in fact, their extension into a context where coherence requires holding many disciplines at once.
Chapter 10: Closing Thoughts
This essay continues exploring the ideas begun in my earlier essay ‘Why Some People See Collapse Earlier than Others.’
The first essay recognised that some people perceive systemic limits earlier than others. The second situated it within evolutionary variation rather than individual pathology. What follows is orientation toward responses that make sense when the false promises of our civilisation fall away.
Early seeing leads to realignment, realignment leads to ecological engagement, and ecological engagement leads to new roles.
Roles that become intelligible only when the wider story is understood: industrial civilisation as a transient stability phase; collapse as a context shift; neurodivergent cognition as part of the species’ adaptive range.
Nothing about this confers status. It does not make collapse avoidable. It simply explains why certain responses emerge, and why they persist once the trajectory is accepted.
Neurodivergent people do not carry a responsibility to warn, lead, or compensate for a civilisation in decline. Boundary-sensing traits are not a moral assignment; they are a by-product of variation that becomes visible under certain conditions.
Some individuals perceive systemic failure earlier because their cognition is less stabilised by social consensus and institutional legitimacy.
What follows from that perception is a choice; many withdraw. Some adapt quietly and locally. Others do nothing at all. There is no obligation attached to seeing clearly. There is only the option to redirect one’s own energy once the old narratives stop holding.
Demands that early perceivers take responsibility for warning or fixing things often function to manage others’ anxiety about loss of control, not to express a genuine moral duty.
Seeing early does not make you responsible for the future; it makes it possible to leave the past sooner.
My writing will always remain free to access. If it resonated with you, please consider liking and sharing - that’s how this work travels. You’re very welcome to subscribe if you want to follow where these ideas go next.
La cognition autistique est souvent décrite, en partie, à travers les notions de fixation ou d’obsession. Ce cadrage est trompeur : ce qui est ainsi désigné n’est pas un intérêt compulsif, mais une attention soutenue orientée vers la résolution de l’incohérence. Les esprits autistiques tendent à rester avec un problème jusqu’à ce que sa logique interne se referme. Tant que les explications demeurent partielles ou contradictoires, l’attention se détache difficilement.
Le dépassement des limites (overshoot) agit comme un attracteur puissant dans ce contexte. Il fournit une explication unificatrice qui permet de relier simultanément de multiples domaines : énergie, écologie, économie, culture, santé et gouvernance. Une fois le dépassement reconnu, de nombreuses défaillances jusque-là éparses s’alignent en un seul motif systémique.
À mesure que la complexité se contracte, les boucles de rétroaction se raccourcissent et la vérité redevient localement opérante : les affirmations rencontrent directement le réel, les conséquences sont plus difficiles à différer, et la cohérence est mise à l’épreuve par l’action plutôt que par les récits.
L’engagement précoce avec l’effondrement commence souvent sous la forme d’un spécialisme autistique. Certaines personnes plongent profondément dans la décroissance énergétique, la dynamique climatique, la thermodynamique ou la théorie des systèmes. C’est ainsi que la compréhension se stabilise. Mais l’effondrement ne peut être pleinement appréhendé à l’intérieur d’une seule discipline. Le dépassement est intrinsèquement transdisciplinaire, et à mesure que le modèle s’élargit, la profondeur seule devient insuffisante.
Ce basculement peut sembler contre-intuitif : du spécialisme vers le généralisme. Non pas le généralisme narratif propre aux cultures managériales, mais un généralisme intégratif construit à partir de modèles profonds. Les domaines ne sont pas abordés de manière superficielle ; ils sont rassemblés parce que le problème l’exige. L’effondrement impose la synthèse.
Des réponses orientées vers le vivant, comme la permaculture, émergent naturellement de ce processus. Elle est adoptée comme un système capable de refermer les boucles sous contrainte. Les intrants et les extrants sont visibles. Les rétroactions sont immédiates. Les affirmations sont vérifiables. L’échec est lisible. Pour une cognition autistique consciente de l’effondrement, il s’agit d’une réponse incarnée, en adéquation avec la manière dont l’esprit fonctionne déjà.
Dans le contexte du dépassement et de l’effondrement, ce qui apparaît extérieurement comme une obsession se comprend mieux comme une orientation. Et ce qui peut sembler être un éloignement des traits autistiques est, en réalité, leur extension dans un contexte où la cohérence exige de tenir ensemble de multiples disciplines.
Chapitre 10 : Réflexions finales
Cet essai prolonge l’exploration des idées amorcées dans mon précédent texte, Why Some People See Collapse Earlier than Others.
Le premier essai constatait que certaines personnes perçoivent les limites systémiques plus tôt que d’autres. Le second les replaçait dans le champ de la variation évolutive plutôt que dans celui de la pathologie individuelle. Ce qui suit s’oriente désormais vers des réponses qui font sens lorsque les promesses illusoires de notre civilisation se dissipent.
Voir venir tôt conduit à un réalignement ; le réalignement mène à l’engagement écologique ; et l’engagement écologique ouvre sur de nouveaux rôles.
Des rôles qui ne deviennent intelligibles qu’à partir du moment où l’histoire d’ensemble est comprise : la civilisation industrielle comme une phase transitoire de stabilité ; l’effondrement comme un changement de contexte ; la cognition neurodivergente comme une composante du spectre adaptatif de l’espèce.
Rien de tout cela ne confère de statut particulier. Cela ne rend pas l’effondrement évitable. Cela permet simplement de comprendre pourquoi certaines réponses émergent, et pourquoi elles perdurent une fois la trajectoire acceptée.
Les personnes neurodivergentes n’ont pas la responsabilité d’alerter, de diriger ou de compenser le déclin d’une civilisation. Les traits sensibles aux limites ne constituent pas une mission morale ; ils sont un sous-produit de la variation, qui devient visible dans certaines conditions.
Certaines personnes perçoivent la défaillance systémique plus tôt parce que leur cognition est moins stabilisée par le consensus social et la légitimité institutionnelle.
Ce qui découle de cette perception relève d’un choix : beaucoup se retirent. Certaines s’adaptent discrètement et localement. D’autres ne font rien. Il n’existe aucune obligation attachée au fait de voir clair. Il n’y a que la possibilité de rediriger sa propre énergie lorsque les anciens récits cessent d’opérer.
Les injonctions faites aux personnes qui perçoivent tôt de prendre en charge l’alerte ou la réparation des systèmes servent souvent à apaiser l’angoisse de perte de contrôle des autres, plus qu’à exprimer un devoir moral réel.
Voir venir tôt ne vous rend pas responsable de l’avenir ; cela rend simplement possible de quitter le passé plus tôt.
Mes écrits resteront toujours librement accessibles. Si ce texte a résonné pour vous, n’hésitez pas à l’aimer et à le partager : c’est ainsi que ce travail circule. Vous pouvez bien sûr vous abonner si vous souhaitez suivre l’évolution de ces idées.
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Sourcing : Clemence Marque
Source Substack.com
Dernière mise à jour : 11/01/2026

