Manuel Adaptation/ Résilience

1 - Préambule

Avec qui ?

Le projet "Manuel Adaptation/ Résilience" est porté par un groupe de réflexion, de structuration et de rédaction. Ce groupe est constitué d'adhérents volontaires au sein d’ADRASTIA. Il est entièrement autogéré. Les fonctions méthodologiques nécessaires à la co-écriture des articles de ce manuel (Collecte des notes, rédaction, corrections, validation, etc…) sont tournantes. L'essentiel est qu'elles soient assurées par plusieurs personnes pour garantir la continuité et la dynamique collective du projet. Tout membre d'Adrastia peut demander à tout moment à entrer dans le groupe projet. On vous attend :-).

Comment ?

L'écriture de ce manuel suit une méthode de production collective en cinq étapes. Ces étapes peuvent se dérouler lors d'ateliers collectifs (soirées, journées) ou pendant des temps de travail individuels. Tant que tous les membres du groupe de travail ne se sont pas accordés sur le texte à produire, celui-ci est discuté jusqu’à ce qu’il soit entièrement stabilisé.

Pour qui, pour quoi ?

Ce manuel et sa diffusion respectent l’objet et la position d’ADRASTIA. Il n’est pas conçu pour faire du prosélytisme ou de la propagande. Il n’est pas destiné à être remis entre les mains de personnes qui ne l’ont pas demandé. Il a au contraire vocation à rester disponible pour ceux qui le souhaitent et en ont besoin.
Son objectif est d’aider à structurer et renforcer les démarches locales de mise en place de dispositifs de résilience; que ces démarches soient individuelles ou collectives.
Il peut être utilisé selon deux perspectives différentes mais convergentes :

  • soit avec l’objectif de mettre en place des changements dans nos vies et nos habitudes pour réduire notre empreinte sur la biosphère et respecter le vivant;
  • soit pour s’entraîner dès maintenant à une vie avec des ruptures ou des raréfactions que les effondrements vont très probablement nous imposer.

Ce manuel n’impose rien, ne donne aucune leçon et ne défend aucune position dogmatique. Il se veut un recueil structuré de réflexions et de solutions locales issues de retours d’expériences dans des domaines aussi variés que :

  • l’autonomie alimentaire,
  • la moindre dépendance aux infrastructures pilotées (eau potable, énergie, communication),
  • la réduction de l’empreinte carbone,
  • la constitution ou l’activation de collectifs locaux,
  • la contribution à la restauration du vivant, etc.

Plus généralement, les concepts, expériences et solutions concrètes décrites dans ce manuel pourront nourrir les réflexions de ceux qui cheminent et expérimentent d’autres façons d’habiter leurs espaces de vie, qu’ils soient urbains, ruraux, mixtes ou nomades

Structure

La structure du manuel est pensée pour être évolutive. Elle comprend des parties qui en posent le cadre, la philosophie, la finalité et les concepts associés. L’essentiel de son contenu pratique est composé en fiches destinées à être consultées au fil des besoins et des projets de chacun.

2 - Constats

La situation mondiale est composée de différents aspects (ressources, flux économiques, culture dominante, conflits géopolitiques, etc) imbriqués les uns dans les autres au travers de logiques systémiques et des dynamiques complexes. La polycrise dont nous constatons l’émergence depuis plusieurs années nous conduit inévitablement vers une “rupture” du système mondialisé en place. Certains nomment cette “rupture” effondrement ou effritement, sans réellement donner les caractéristiques de ce que cet effondrement pourrait être. Cependant tous s’accordent sur un point : Le système mondialisé actuel ne peut pas perdurer sur sa trajectoire de croissance continue d’une économie sans limite fondée sur un extractivisme croissant. Exploitation des ressources premières, destruction des écosystèmes, pollution croissante, franchissement des limites planétaires, tout cela compromet les conditions d’habitabilité de notre planète.

Les indicateurs de flux (énergie, matières, populations, biodiversité, océans, pollution, température planétaire moyenne) ne sont plus en accord avec l’application de principes de non franchissement de seuils critiques. Si ces seuils devaient être franchis (7 sur 9 le sont déjà !) le système Terre pourrait basculer dans une configuration globale chaotique, bien différente de la situation actuelle. Or c’est la stabilité du climat, associée à la richesse de la biodiversité dont nous jouiss(i)ons depuis le dernier âge glaciaire qui a permis l’avènement et la maturation de la civilisation humaine jusqu’à la modernité et l'âge technologique que nous connaissons aujourd’hui. Franchir les limites physiques imposées par notre planète aura des conséquences dommageables sur les conditions d’habitabilité de certaines zones, les rendements agricoles, la disponibilité des ressources… et tout cela bousculera les équilibres géopolitiques et la pérennité des démocraties.

Ce constat se veut lucide. Puisque nous sommes collectivement embarqués dans des dynamiques en accélération, dont le devenir semble annoncer leur fin, il est logique de considérer que la fin du système mondialisé actuel est inévitable. C’est le postulat de départ d’ADRASTIA.

Pour désamorcer par avance tout biais de catastrophisation, précisons que ce postulat ne dit rien de moins et rien de plus que : “ Notre mode de vie ne durera pas”, et par conséquent, sa cessation est inévitable. Nous ne disons rien d’autre, et nous nous gardons bien de qualifier la façon dont la cessation pourrait advenir. Non que cela ne soit pas digne d'intérêt, mais nous entrerions dans le domaine des récits et des croyances, ce qui n’est pas notre sujet. C’est donc dépouillé de toute velléité de projeter un avenir sur notre présent que notre travail commence.

De cet avenir nous ne savons pas grand chose, mais nous ne savons pas “rien”. Et c’est sur l’analyse de ces quelques bribes de certitudes que nous tentons d’appuyer notre travail.
L’accentuation de la fréquence et de l’intensité des aléas climatiques provoqueront des dégâts croissants sur les infrastructures qui nous permettent de disposer facilement de routes praticables, d’eau potable, d'électricité, de gaz, et d’internet à domicile. Sans routes, sans eau, sans électricité, sans téléphone pendant plusieurs jours, plusieurs semaines… que ferons-nous ?

L’effondrement de la biodiversité directement liée au système extractiviste dans lequel nous persistons, contribuera à accroître le risque de pénuries alimentaires et d’émergence de nouvelles épidémies. Dans tous les cas, la conséquence sera la flambée des prix des produits de base dont nous avons besoin pour vivre. Et nous ne parlons pas là de loisir, mais du prix du litre d’huile, de la douzaine d'œufs, ou du kilogramme de farine. Face aux ruptures de chaînes d’approvisionnements alimentaires… que ferons-nous ?

La pollution généralisée de l’eau, de l’air, des sols se retrouve dans nos assiettes, et de là dans notre corps. Avec la croissance des pathologies dues à la pollution, la malbouffe et aux modes de vies toujours plus sédentaires, la santé décline et l’espérance de vie décroît. Face à l’augmentation des déserts médicaux, et aux pénuries de médicaments… que ferons-nous ?

Nous avons trois options :

  • Ne rien changer et assumer notre “Carpe Diem”.
  • Placer notre confiance dans le système techno solutionniste actuel, en postulant que nous sommes une espèce ingénieuse et que nous trouverons forcément une solution pour améliorer les choses. Cependant il nous semble que ce n’est pas en faisant plus de ce qui a causé le problème que nous parviendrons à le résoudre.
  • Se préparer… C'est-à-dire sortir d’une posture d’attente, ou de croyance en un grand soir, et prendre nos responsabilités.

Si vous lisez ces lignes, il est à parier que vous faites partie de ceux qui ont choisi de cesser d’attendre un salut qui ne viendra probablement pas.

Dans tous les cas, dans ce monde d’après qui se dessine à échéance inconnue, vous avez choisi de faire partie de la solution, et non du problème.

Ce constat se veut lucide. Puisque nous sommes collectivement embarqués dans des dynamiques en accélération, dont le devenir semble annoncer leur fin, il est logique de considérer que la fin du système mondialisé actuel est inévitable. C’est le postulat de départ d’ADRASTIA.

Pour désamorcer par avance tout biais de catastrophisation, précisons que ce postulat ne dit rien de moins et rien de plus que : “ Notre mode de vie ne durera pas”, et par conséquent, sa cessation est inévitable. Nous ne disons rien d’autre, et nous nous gardons bien de qualifier la façon dont la cessation pourrait advenir. Non que cela ne soit pas digne d'intérêt, mais nous entrerions dans le domaine des récits et des croyances, ce qui n’est pas notre sujet. C’est donc dépouillé de toute velléité de projeter un avenir sur notre présent que notre travail commence.

De cet avenir nous ne savons pas grand chose, mais nous ne savons pas “rien”. Et c’est sur l’analyse de ces quelques bribes de certitudes que nous tentons d’appuyer notre travail.
L’accentuation de la fréquence et de l’intensité des aléas climatiques provoqueront des dégâts croissants sur les infrastructures qui nous permettent de disposer facilement de routes praticables, d’eau potable, d'électricité, de gaz, et d’internet à domicile. Sans routes, sans eau, sans électricité, sans téléphone pendant plusieurs jours, plusieurs semaines… que ferons-nous ?

L’effondrement de la biodiversité directement liée au système extractiviste dans lequel nous persistons, contribuera à accroître le risque de pénuries alimentaires et d’émergence de nouvelles épidémies. Dans tous les cas, la conséquence sera la flambée des prix des produits de base dont nous avons besoin pour vivre. Et nous ne parlons pas là de loisir, mais du prix du litre d’huile, de la douzaine d'œufs, ou du kilogramme de farine. Face aux ruptures de chaînes d’approvisionnements alimentaires… que ferons-nous ?

La pollution généralisée de l’eau, de l’air, des sols se retrouve dans nos assiettes, et de là dans notre corps. Avec la croissance des pathologies dues à la pollution, la malbouffe et aux modes de vies toujours plus sédentaires, la santé décline et l’espérance de vie décroît. Face à l’augmentation des déserts médicaux, et aux pénuries de médicaments… que ferons-nous ?

Nous avons trois options :

  • Ne rien changer et assumer notre “Carpe Diem”.
  • Placer notre confiance dans le système techno solutionniste actuel, en postulant que nous sommes une espèce ingénieuse et que nous trouverons forcément une solution pour améliorer les choses. Cependant il nous semble que ce n’est pas en faisant plus de ce qui a causé le problème que nous parviendrons à le résoudre.
  • Se préparer… C'est-à-dire sortir d’une posture d’attente, ou de croyance en un grand soir, et prendre nos responsabilités.

Si vous lisez ces lignes, il est à parier que vous faites partie de ceux qui ont choisi de cesser d’attendre un salut qui ne viendra probablement pas.

Dans tous les cas, dans ce monde d’après qui se dessine à échéance inconnue, vous avez choisi de faire partie de la solution, et non du problème.

3 - Nécessités

Passé la phase de sidération, directement liée à la prise de conscience de la réalité et de la gravité de la situation dans laquelle nous sommes tous collectivement embarqués, vous avez la volonté d’agir ? mais pour faire quoi ? comment ? avec qui ?

L'imprévisibilité de la situation nous donne une vue limitée des choses à court et moyen terme; notamment sur la chronologie : "Quand et comment l’effondrement adviendra-t-il ?" Ceci nous conduit, au sein d’ADRASTIA, à décider de nous préparer en cohérence avec l’objet de l’association : “Le respect de la dignité humaine”. Nous ne pourrons pas échapper à ce qui arrive, mais nous pouvons tenter de nous y préparer pour éviter le pire, c'est-à-dire la perte de civilité, voire d’humanité.

Aujourd’hui la preuve n’a pas été apportée quant à la possibilité d’enrayer cet effondrement. Cette possibilité n’est pas démontrée et les rapports d’experts vont plutôt dans le sens de confirmer la trajectoire délétère actuelle. A défaut de pouvoir éviter une descente aussi radicale que probable, nous avons encore certaines marges de manœuvres sur la façon de nous organiser pour apprendre à amortir les multiples effets qu’un effondrement aura sur nos vies.

Pour agir et éviter le piège de l’épuisement tant physique que psychologique face à la tâche, il est important d’oeuvrer avec méthode et constance. Le recours à un collectif structuré (ADRASTIA), aligné sur des valeurs communes, permet d’accompagner chacun dans son cheminement, ses choix, et dans ce qu’il souhaite mettre en place à son niveau, sur son territoire, et au sein des tissus relationnels auxquels il appartient.

Nous sommes convaincus que la diversité de nos ancrages territoriaux ainsi que l'hétérogénéité de nos profils professionnels nous aideront à ne pas tomber dans l’écueil des replis identitaires et de l’entre soi.

Dans le récit d’accompagnement à construire et les outils à élaborer au sein de ce manuel, nous affirmons qu’il faut orienter la réflexion collective vers les solutions d’adaptation et d'atténuation des causes, fondées sur le vivant et sur l’humain, sans que cette direction ne se veuille exclusive. Pour cette raison, le partage d’expériences personnelles nous apparaît essentiel. Par ailleurs nous considérons que toute forme de manichéisme et en particulier le rejet de la technologie pour ce qu’elle est, sera préjudiciable à la mise en place de solutions suffisamment efficaces au regard des situations qui surviendront. Nous considérons qu’en utilisant et en intégrant à leur “juste mesure” certains progrès issus des développements de la société thermo industrielle, nous pourrons construire les fondements d’une post-croissance salutaire. En effet, nous partons du principe que ce n’est pas la technologie, ni les sciences qui ont créé la trajectoire planétaire dans laquelle nous sommes collectivement engagés, mais les excès et l'exploitation abusive des savoirs, à des fins discutables.

Le récit de bifurcation que nous souhaitons mettre en place et incarner via ce manuel, pourra intégrer des dimensions individuelles propres à chacun (culture de la prévention, empathie envers le vivant, sens du collectif, spiritualités, etc…).

Ce manuel ne vise pas la description d’une méthode à déployer, ni de techniques à reproduire, il se veut davantage être un vadémécum à destination de ceux qui se demandent comment et avec quels points de repères construire des réponses concrètes à leur projet de bifurcation : des réponses pragmatiques intégrées dans leur quotidien, adaptées à leur contexte familial, à leur quartier, leur village, leur département, leur biorégion.

Pour partager la vision de ce à quoi nous souhaitons contribuer voici une métaphore, qui nous l'espérons donnera de la visibilité, du sens et de la cohésion aux utilisateurs de ce manuel :

La terre est semblable à un être vivant*. Nous sommes son système immunitaire. Nous développons et portons en nous une diversité d’options de résilience qui pourront, le moment venu, être sélectionnées, démultipliées et déployées en fonction de leur potentiel face aux chocs localisés ou généralisés auxquels la terre, à travers ses territoires, sera exposée.

* La terre est un être vivant. L’hypothèse GAÏA. James LOVELOCK.

Photo credit: Dustin Jacobus
Photo credit: Dustin Jacobus

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Dernière mise à jour : 03/01/2026

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