Cercles#2 : Cercle personnel

Par Charles Aïvar

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Le cercle#2 est le premier des cercles externes. C’est le cercle au sein duquel mes décisions se transforment en actes concrets, mon énergie intellectuelle en énergie physique et corporelle. Les actes du cercle#2 n’engagent que moi, ne dépendent que de moi, ne nécessitent pas l’action, ni l’approbation, ni le soutien d’autrui.
Consacrer du temps à ce cercle, me permet d’incarner le cheminement intérieur que je réalise dans le cercle#1, et d'équilibrer ce dernier.

Par effet miroir, mettre mes réflexions et mes décisions à l’épreuve du réel me permet en retour de les ajuster, d’ancrer ma motivation, et de diriger dans mes actes l’énergie que je mets dans mes pensées. Ceci se révèle être un bon moyen de réguler le stress et l’anxiété qui apparaissent souvent lorsqu’on se limite à investir le cercle#1. Car les cercles #1 et #2 fonctionnement ensemble comme une respiration.
Le cercle#1 est une inspiration qui nous charge souven en tension psychique et musculaire, le cercle#2 est une expiration qui relache cette tension dans le "faire".
Pour illustrer ce double mouvement intérieur, considérons la double activité lecture/potager. Après avoir lu (cercle#1) pendant une heure un ouvrage possiblement anxiogène (et ils le sont tous), vous allez décharger votre tension en cultivant votre potager (cercle#2) et en vous reconnectant à la terre.

Au sein du cercle#2 il est possible de :

  • Se (re)connecter au vivant. Nos sociétés urbaines ont développé un modèle de vie hors sol. Mais notre corps est toujours celui de l’homo sapiens qui parcourait les steppes d’asie centrale. A l’époque nous faisions partie du vivant, notre culture nous en a extrait pour reléguer le vivant à l’état de ressource à consommer. Marcher seul dans un espace de nature préservée, loin de la technologie omniprésente pour contempler et redécouvrir son impact sur nos sens, nous permet de commencer à voir le monde différemment et à y reprendre place par le corps.
  • Tester un potager modeste. En bac, sur un balcon, sur quelques mètres carrés, le potager est un excellent moyen de reconstruire un rapport sain à notre nourriture et aux limites de la nature. Il nous apprend l’humilité, la persévérance, la satisfaction, le plaisir et la fierté de manger ce que nous avons produit, même si ce ne sont que quelques fraises, au moins ce circuit là est ultra court.
  • Modifier ses moyens de mobilité. Monter en voiture pour faire 300 mètres, 3 kilomètres ou 30. Souvent, on ne se pose plus la question. Pourtant plus de la moitié des gaz à effet de serre dus aux transports sont émis par des voitures individuelles. Adaptez votre mode de déplacement à la distance à parcourir. De 0 à 300 mètres la marche est suffisante. De 300 mètres à 6 km, le vélo peut être tout à fait adapté. Au-delà de 6 km, les transports en commun lorsqu’ils existent, le bus, le tram, le train, seront toujours plus efficaces que la voiture surtout si le trafic est saturé.
  • Réduire sa consommation de viande, de produits carnés et de poissons. La production de viande nécessite la mobilisation de larges surfaces de sol agricole, l’utilisation d’engrais issus de la pétrochimie, et des circuits de transformation et de distribution complexes. Par exemple, mises bout à bout, toutes les étapes de la production de 100 gr de bœuf émettent environ 50 kg de CO2, là où la production de 100 gr de protéines végétales comme les pois émettent 440 gr de CO2. Le rapport est de 1 à 10.
  • Réduire sa consommation de savons et produits cosmétiques. Entrez dans le mouvement No Poo et généralisez-le, votre corps vous remerciera. Vous n’avez pas besoin d’utiliser du savon chaque fois que vous prenez une douche. Essayez donc le lavage à l’eau 1 jour sur 2, puis 2 jours sur 3 et vous verrez que votre épiderme retrouve un équilibre lipidique naturel. Vous y gagnerez du temps, de l’argent et réduirez l’empreinte CO2 de votre toilette, parce que vous le valez bien.
  • Réduire sa consommation de produits d’entretien. L’effet cocktail, vous connaissez ? On appelle ainsi le mélange de molécules chimiques issues des produits que nous utilisons et dont nous ignorons ce qu’elles font sur la santé une fois qu’on les combine. En limitant le ménage quotidien à l’utilisation de produits simples et classiques comme le vinaigre blanc ou la pierre d’argent et en reservant les produits complexes pour des rares “tâches” difficiles, vous reduirez considérablement l’empreinte CO2 de votre ménage et réaliserez là encore des economies.
  • Examiner la provenance de nos produits de consommation.Tous les produits ne se valent pas. Plus ils sont transformés, proposés hors saison, ou de provenance lointaine, plus leur impact CO2 est élevé. En privilégiant les denrées produites localement et de saison, en les cuisinant et en adaptant les portions pour supprimer tout gaspillage alimentaire, il est possible de réduire l’impact carbone de notre nourriture sans se priver, en ayant l’assurance de pouvoir bénéficier d’une alimentation saine et suffisante. Et c’est sans compter les co-bénéfices sur la santé.
  • Contrôlez vos achats et entrez dans le monde de la seconde main. Acheter n’est pas un loisir. On oublie de le dire. Acheter doit permettre en dernière limite de répondre à un besoin qui n’a pas pu être couvert autrement. Mais notre société de consommation a fait de l’achat un réflexe compulsif que l’on active chaque fois que nous ressentons une envie, un besoin, un mal être, un ennui. L’achat est devenu la réponse à tout. Dans certains cas extrêmes, le geste d’achat est devenu plus important que l’objet acheté. Notre système économique a transformé l’achat en addiction, et le consommateur en toxicomane.
  • Opter pour des loisirs bas carbone et à faible impact environnemental. Les loisirs nous permettent de donner de la valeur à notre temps libre. Le temps est donc l’ingrédient indispensable à nos loisirs. Retrouver la saveur du temps non contrôlé, non soumis à un horaire, une contrainte, c’est l’essence même d’un loisir. Marche, vélo, lecture, jardinage, contemplation, flânerie sont autant d’exemples de loisirs qui ne coûtent rien, nous revigorent et ont un impact minimum. Nous pourrons les poursuivre même dans l’hypothèse d’une réduction drastique de la mobilité motorisée.
  • Passer aux toilettes sèches, aux toilettes à l’eau de pluie et recycler ses urines. Ce que rejette votre corps, c'est la matière première du vivant. Apprenez à composter les résidus de vos toilettes seches et à réutiliser vos urines comme engrais azotés.
  • Acquerir des compétences pratiques complémentaires comme faire du pain, faucher à la main, s’occuper de ruches, cultiver un potager, travailler le bois, bricoler, etc…) et renouez avec vos anciens, ils sont détenteurs de savoirs ancestraux utiles à retrouver et à transmettre.

Au sein du cercle#2 on évitera de :

  • Décider seul d’une action et y engager les autres sans leur consentement. C'est l'échec assuré. Ce que vous décidez seul, ne concerne que vous. Le corollaire étant que si l'action implique un collectif, elle doit être collectivement définie.
  • Penser et agir “à la place” et “pour le bien” d’autrui. Ca ne fonctionne pas non plus, et c'est le meilleur moyen d'être déçu. Vous n'êtes pas là pour sauver le monde, d'ailleur la plupart du temps il ne le veut pas. Souvez vous vous même, et ce sera un bon début.
  • Justifier mon inaction par l’inaction constatée d’autrui. Vous avez le droit de ne pas agir. Le droit de faire une pause. Le droit de faire marche arrière. Même le droit d'abandonner... et de changer d'avis. Tout ça se joue entre vous et vous même. Ce que font les autres, c'est leur problème. Vous êtes votre centre.
  • Juger ceux qui agissent différemment de vous. vous fera perdre des amis et du temps. Chacun est libre de son rythme, de son pas, de ses erreurs et de ses errances. Et vous êtes libre des votres.

Les contres attitudes du cercle#2, engagement de fausses actions qui sont vouées à l’échec, car elles embarquent souvent des personnes non impliquées. Ces actions “mortes d’avance” nécessitent du temps et des moyens qui auraient pu être consacrés à des actions peut-être plus modestes, plus "individuelles" mais à haute probabilité de succès, et à ce stade de votre transition, l'important c'est de faire ce qui réussi.


Dernière mise à jour : 03/01/2026

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