Cercles#1 : Cercle intime
Par Charles Aïvar
Ce cercle est autoréflexif et intime par nature. Il incarne l’espace de ma pensée propre, au sein duquel ma réflexion se construit à mesure que je me questionne et que j’ exerce mon esprit critique sur les sujets dont je me nourris.
Mobiliser de l’énergie et du temps pour alimenter ce cercle me permet de collecter, vérifier, relier quantités d’informations qui, arrivées à un certain seuil, vont servir de terreau à ma motivation, et de là à mes engagements, mes choix et aux actions que je mettrai en place dans les autres cercles.
Sans l’ancrage intime dans le substrat réflexif de mon cercle#1, mes actions ultérieures, par manque de motivation étayée, risquent dès le premier obstacle de voler en éclat, et la frustration de s’installer.
Au sein du cercle#1 il est possible de :
- Lire, écouter des conférences...
- Développer et relier ses connaissances.
- Accroître sa compréhension des phénomènes et des chocs actuels et à venir.
- Franchir les stades de l’échelle de Chefurka.
- Mettre les modèles de société et les conditionnements à l’épreuve de nos connaissances, développer une pensée critique.
- Intégrer et tenter de transcender la complexité.
- Identifier et expliciter nos motivations.
- Questionner nos choix, nos engagements, nos habitudes, nos idées reçues, le sens de notre vie.
- Identifier nos besoins primordiaux, identifier nos envies, les hiérarchiser.
- Reconnaître nos limites
- Identifier nos compétences, nos appétences, nos ignorances.
- Lâcher le contrôle
- Comprendre que le but, c’est le chemin, pas la destination.
- Etre bienveillant avec soi-même. S’accorder du temps, le droit à l’erreur.
- Trouver son rythme propre
- Ralentir, accepter les saisons.
- Se reposer.
- Ressentir et accueillir
- Se reconnecter à ses émotions, aux éléments, au vivant, au silence.
- Développer une ancrage intérieur
- Se relier à sa généalogie, à sa famille, sa tribue.
- Développer une pratique spirituelle, une philosophie de vie, une sagesse personnelle, une connexion particulière à la nature, au vivant.
- etc...
Cette liste n’est pas exhaustive. Elle est donnée à titre d’exemple, pour illustrer l’importance du temps consacré au développement des différentes dimensions du cercle#1.
La profondeur de ce cercle se développe tout au long de la vie. Plus il est nourri, solide et profond, plus il servira d’espace personnel de ressourcement chaque fois que nécessaire. Lorsqu’une difficulté apparaît sur l’un des cercles : une baisse de motivation, un rattrapage du système, des attaques personnelles, des dénigrements, des moqueries, toute cette matière constitutive de l'expérience personnelle est intégrée dans le cercle#1, pour être réfléchie, questionnée, digérée et intégrée.
Finalement ce cercle#1 est le lieu même de la naissance, et de la croissance progressive de votre résilience personnelle, c'est-à-dire de votre capacité à accepter et à intégrer ce à quoi votre bifurcation vous expose. Ce chemin est long, souvent difficile, parfois douloureux, et pour le parcourir, participer régulièrement à un groupe d’intégration au sein d’une communauté de “pairs” ou de “résilients” peut être d’une grande richesse.
Au sein du cercle#1 on évitera les contres attitudes suivantes :
- Se lamenter ou juger l’état du monde. C’est inutile, nous sommes impuissants face à cela. Nous tombons tous dans ce piège à un moment ou à un autre. Cela consomme une énergie précieuse et limitée, entretient notre frustration, notre rancoeur et nous éloigne de notre projet.
- Reprocher aux autres leur manque de prise de conscience ou d’engagement. Nous sommes tous différents, nous avons des rythmes différents, des histoires et des capacités de compréhensions ou d'intégrations différentes. Les reproches ne font changer personne, et aggravent souvent une situation déjà difficile pour le transitionneur.
- Rester hors du cercle#1 en considérant que face à l’urgence actuelle, seule l’action compte. Toujours remettre à plus tard cet espace de croissance personnelle et d’intégration, c’est tenter de construire un édifice sur des bases instables. Nous sommes alors fragilisés par manque d'entraînement à l’analyse et à l'esprit critique, et pouvons facilement tomber dans des biais, des endoctrinements et nous perdre en chemin.
- Se laisser sidérer par la peur, et la nourrir. Nous avons le droit et toutes les raisons d’être effrayé, mais l’avenir n’est pas écrit. Nous pouvons laisser notre peur l’écrire à notre place, ou accepter de ressentir un temps cette peur, et la laisser pour ce qu’elle est : un dispositif d’alerte et de vigilance, puis la reconnaître comme telle.
- N’écouter qu’une seule source d’information, et céder au biais de confirmation. Il est important de varier les sources d’information, et de ne pas se limiter à celles qui confirment ce que nous savons ou croyons. Il est aussi intéressant de se confronter aux discours et avis que nous ne partageons pas, pour développer notre capacité à argumenter, et à déceler les fakes news, comme les figures rhétoriques manipulatoires.
Céder aux contres attitudes du cercle#1, consomme de la ressource personnelle, mobilise du temps de réflexion, fragilise et dégrade la motivation, nous place dans une impasse de sens, et renforce la probabilité d’abandon ou de renoncement.
Pourtant, à un moment donné, surtout au début de notre engagement, nous tombons régulièrement, par ignorance ou manque de discernement et de pratique, dans ces contre attitudes. Pouvoir bénéficier de ldu retour de résilients experimentés, au sein de groupes d’intégration ou de parole, permet de s’extraire plus rapidement de ces impasses, de les reconnaitre et de les dépasser.
Dernière mise à jour : 03/01/2026
